Programmation prison

En novembre 2009, Radio Panik décidait de suivre une thématique particulière pour venir accompagner les voix qui s’indignent ou s’interrogent sur l’existence de la prison dans nos sociétés.

"Les gars lisez le graffiti"

Mis en ligne le jeudi 7 janvier 2010 par Radio Panik

Émission expérimentale sur le graffiti au sens large, sur l’espace public, la privation des libertés et le free style. Jeudi 10 décembre, de 19h00 à 20h30 sur radio panik.

Je tag donc je suis ? Je tag donc je vous salie ma rue ? Le peuple est il muet si les murs sont blancs ? Doit on interdire d’interdire le graffiti sauvage ? Mais enfin, la pratique du graffiti est-elle un signe de liberté ? Vis à vis de qui et de quoi ? En Belgique on efface les graffiti, on emprisonne les graffiteurs et on vend leurs œuvres d’art jusqu’à des centaines de milliers d’euros. En l’absence de débat public sur les questions que posent le graffiti, Radio Panik à ouvert ses portes aux vandales nocturnes, champions de l’insécurité, publicistes de gangs criminels, artistes millionnaires ...et aussi à leurs amis, gourou sociologue et philosophe mystérieux...

En résumé la parole est donnée à des graffiteurs (c’est pas top tôt !), à des rappeurs, à un sociologue et un philosophe qui débattront du graffiti et de son potentiel libérateur.

(Une seconde émission aura lieu fin janvier, voulez vous y participer ? Contacter : obetre@hotmail.com)

Traces sonores du rassemblement du 22 novembre contre la construction d’un nouveau centre fermé

Mis en ligne le lundi 14 décembre 2009 par Radio Panik

Voici le texte de l’appel au rassemblement :

Non à la construction du nouveau centre fermé

Depuis quelques mois, un nouveau centre fermé pour sans-papiers se construit à Steenokkerzeel et devrait être fini dans le courant de 2010. Bâti selon le modèle carcéral (avec cellules individuelles et moyens de contrôle avancés), il a pour but d’enfermer les plus récalcitrants et de servir de moyen de pression afin de mater les révoltes dans les autres centres fermés. De plus, directement situé dans le périmètre de l’aéroport, il facilitera les déportations, rendues plus rapides et discrètes.

Nous appelons au rassemblement :

Parce que cette nouvelles prison pour sans-papiers est construite dans un silence presque total et qu’il est temps de crier notre colère face à ce nouveau moyen de répression de l’Etat.

Parce que nous sommes tous directement concernés lorsque nous acceptons de vivre dans un monde qui toujours plus catégorise, sélectionne, enferme, élimine selon ses besoins sociaux et économiques ; parce que nous ne voulons pas être des marchandises que l’on tamponne et transbahute d’une frontière à l’autre.

Parce que nous refusons la réponse que l’Etat donne aux révoltes de ces dernières années dans et hors des centres fermés, qu’il s’agisse de ce nouveau centre fermé pour récalcitrants ou de la circulaire du 18 juillet 2009 - mirage d’une régularisation massive qui crée une séparation et une hièrarchie entre ceux qui rentrent dans les normes d’intégration et répondent aux besoins de l’économie et ceux qui devront rester dans la clandestinité.

Parce que nous soutenons toutes les révoltes dans les lieux d’enfermement et d’exploitation (centres fermés, prisons, école, travail...) ; parce que nous ne croyons pas que les nouvelles mesures face à ces révoltes : nouvelles taules, blocs d’isolement, moyens de répression et de surveillance accrus, empêcherons toutes les rages du monde d’éclater.

Nous ne voulons pas de ce nouveau centre, ni d’aucune prison. Et ce sera sans l’entrave d’aucun drapeau, parti, syndicat, association, appareil photo, idée réformiste... que nous nous rendrons à ce rassemblement.

Pour un monde sans frontières !

Programmation musicale

Mis en ligne le samedi 28 novembre 2009 par Radio Panik

La belle, paru en 2000 chez l’insomniaque

Le groupe de slammeurs RCS, anciens détenus.

"Autobiographies de criminels" - Lecture

Mis en ligne le vendredi 27 novembre 2009 par Radio Panik

La scène se passe à la prison de Saint-Paul de Lyon, il y a tout juste un siècle. Sur un petit cahier d’écolier, un détenu écrit : ce n’est pas un poème, pas davantage une lettre qu’il rédige, mais sa vie, cette existence qui l’a mené là, entre les quatre murs d’une cellule. Page après page, il fait le récit de ses errances, de ses détours et de son long parcours vers le crime. Cette autobiographie, ce criminel la rédige, comme neuf autres co-détenus le feront après lui, non pour lui-même, mais pour un destinataire prestigieux : le célèbre criminologue Alexandre Lacassagne. Le professeur de médecine légale à en effet un projet fou : celui de rassembler des archives de la déviance, de constituer une encyclopédie vivante du crime à partie des seuls récits autobiographiques produits par des criminels. Maîtres-chanteurs, apaches, parricides, dépeceurs, prostituées ont ainsi écrit en quelques années un "Livre des vies coupables".

Philippe Artières a retrouvé ces manuscrits éparpillés dans le fonds Lacassagne de la bibliothèque municipale de Lyon.

"Le Groupe d’Information sur les Prisons" - Lecture

Mis en ligne le vendredi 27 novembre 2009 par Radio Panik

"Nul de nous n’est sûr d’échapper à la prison.

Aujourd’hui moins que jamais. Sur notre vie de tous les jours, le quadrillage policier se resserre : dans les rues et sur les routes ; autour des étrangers et des jeunes ; le délit d’opinion est réapparu ; les mesures anti-drogues multiplient l’arbitraire. Nous sommes sous le signe de "la garde à vue". On nous dit que la justice est débordée. Nous le voyons bien. Mais si c’était la police qui l’avait débordée ? On nous dit que les prisons sont surpeuplées. Mais si c’était la population qui était suremprisonnée ? Peu d’informations se publient sur les prisons : c’est une des régions cachées de notre système social, une des cases noires de notre vie. Nous avons le droit de savoir, nous voulons savoir. C’est pourquoi, avec des magistrats, des avocats, des journalistes, des médecins, des psychologues, nous avons formé un Groupe d’Information sur les Prisons..."

Michel Foucault, Manifeste du GIP, 8 février 1971.

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