Le Journal Sans Papier n’a pas été conçu pour durer. Cette émission sera toujours intermittente. Elle a repris en décembre. Elle s’arrête en février, reviendra peut-être un jour. Précaire comme ceux dont elle voudrait rendre compte des luttes, elle n’est pas faite par des journalistes et ceux qui la font n’entendent pas le devenir. Dans la longue marche des sans papiers contre les aberrations administratives, les traitements hors la loi, l’exploitation éhontée dont ils sont victimes, il y a temps pour parler et temps pour se taire, temps pour écouter et temps pour agir. Ici le paysage change plus vite que la pertinence des formats. La souffrance n’entre pas toujours gentiment dans l’heure qu’on lui consacre, la grille qu’on lui ouvre. Si bien qu’une émission de radio comme celle-ci, pas sur les sans papiers mais avec eux, ne peut refléter que certaines moments de la longue suite de vagues qu’est leur mouvement. Le JSP a commencé avec la fin de la grève des afghans d’Evere en novembre 2007. Il s’est interrompu un an après, dans la retombée de l’euphorie et du foisonnement créatif qui avaient accompagné les élections fédérales. Il s’arrête alors que l’on fête un an de promesses non tenues par le gouvernement. Pas le temps de mettre notre désespoir en ondes. Il faut changer son fusil d’épaule et trouver autre chose. Il y aura toujours des migrants. Contrairement aux apparences, ce sont eux qui font tourner le monde et non ceux qui comptent les tours. A bientôt peut-être.